Des femmes, des Muses, des artistes,...


Elisabeth Siddal, Artiste, Lizzie Muse

Elisabeth Siddal

1869- 1861

Qui es Elisabeth Eléonore Siddal ?..Lizzie…cette jeune femme à la longue chevelure dont la douce beauté n'a laissé personne insensible sur les toiles dont elle fut le modèle et dont la plus connue est incontestablement celle de John Everett Millais « Ophélie » incontournable toile dont je conterai plus loin l'histoire de la pose…

 

 

Elisabeth Siddal est née en 1869 dans  le Londres du XIX è siècle, fille de coutelier et travaillant comme apprenti modéliste vers l'âge de 20 ans… et modèle pour ne pas tomber dans la pauvreté…

Jeune femme douce, tranquille, fragile et intense,à l'âme tourmentée, d'une mélancolie frôlant les ravages du desepoir, jeune femme ambiguë , tantôt anorexique, tantôt doté d'un humour ravageur, mais rebelle aussi, révoltée, éprise de liberté, tantôt enjouée, jamais indifférente et dont la beauté  reflétait si fidèlement  l'image qu'elle renvoyait ;  Christina Rossetti écrivant  une ode à la beauté de Lizzie la compare à un saint ou un ange, claire comme une lune et joyeuse comme la lumière.Elisabeth, bohémienne élégante ,jeune femme à la figure diaphane, d'une pâleur digne des fées , à la chevelure d'un roux profond, et au regard d'un or brunâtre… une silhouette mince, comme prête à s'envoler, évanescente Lizzie…

 

Faite pour être la muse, alors qu'elle est artiste elle-même et dont l'apport féminin eut toute son importance dans le mouvement pré raphaëlite.

 

 

Mais le commencement de son histoire fut d'être le modèle de Walter Deverell qui remarqua le premier sa beauté ; il fut suivi par Holman Hunt et Millais… ce dernier la fit poser pour sa toile d'Ophélie, et pour ce faire, la plongea habillée des heures durant dans l'eau d'une baignoire… sa santé fragile n'y résista pas et elle contracta une sérieuse pneumonie qui se transforma en une tuberculose chronique…

C'est l'une de ces interminables heures de pause qu'elle fit la connaissance de Danté Gabriel Rossetti…

Ce fut pour lui une révélation que cette jeune femme et durant 10 années elle vient hanté son œuvre, sa création ; Christina, la sœur de Danté  écrivait encore ceci à propos de Lizzie et de Danté
« Un visage ressort de toutes ses toiles,
Une figure identique est assise, marche ou se penche
Il se repaît des traits de son visage jour et nuit
Non telle qu'elle est, mais telle qu'elle remplit ses rêves »

 

 

Inaccessible Lizzie, dont Rossetti devint l'amant puis l'époux.  Rossetti établissait un parallèle avec la relation entre son illustre homonyme, Dante, et Béatrice. Ainsi Elisabeth était la femme infiniment désirable mais inaccessible. Aussi la trompait il avec de nombreuses maîtresses, ce qui accentuait la mélancolie de Lizzie jusqu'à l'anorexie. Alors, elle commence à prendre du laudanum, un opiacée  remèdes de ces diverses douleurs physiques et psychiques…

 

 

 

En 1860, elle tombe enceinte, elle est heureuse, retrouve sa joie.Mais un mois après son mariage, le drame entre en scène : la petite fille meurt à la naissance.Elle ne s'en remettra pas.Au même moment, Jane Morris, une autre modèle met au monde une petite fille.Ce qui ne manque pas de plonger Lizzie encore plus loin. Puis elle retombe enceinte...et tombe dans une langueur effrayante.La crainte de perdre l'enfant, peut-etre? On ne le saura jamais.

 

 Le 11 février 1861,Rossetti rentre chez lui et trouve Lizzie morte sur le lit.Overdose de laudanum dit-on… elle absorba une dose de la substance opiacée dix fois supérieure à celle prescrite...Alors morte accidentellement ou suicidée comme le prétendent  certains amis proches...

 

Dante Gabriel Rossetti, fou de douleur et de remord, plaça dans le cercueil auprès de  la chevelure luxuriante de Lizzie de  l'unique manuscrit du recueil de poèmes qu'il venait d'achever.Et c'est ainsi qu'on enterra la muse dans son cercueil noir… Il  s'occupa ensuite de réunir les tableaux de Lizzie, et de photographier ses dessins et croquis, afin qu'ils ne se perdent pas. Pour autant, il n'avait plus la santé nécessaire pour promouvoir l'art de sa bien-aimée, et tandis que sa propre carrière entamait un irréversible déclin, et qu'il commençait lui aussi à prendre du laudanum, le nom d'Elizabeth Eleanor Siddal devint synonyme de muse tragique mais l'on oublia qu'elle avait été, aussi, une artiste-peintre de talent.

 

Cependant, 7 années après le décès de Lizzie, Rossetti, poussé par son agent fit exhumer le corps d'Elisabeth afin d'y récupérer le recueil de poésie… Ainsi, la nuit du 5 Octobre 1869, à la lueur vacillante de torches, on exhuma la belle muse et là miracle, proche du conte fantastique d'Edgar Poe

Le corps d'Elizabeth Siddal est parfaitement conservé et ses cheveux ont poussé tant  qu'ils enserrent le recueil de poésie et qu'il faut user du  ciseau pour le libérer. Rossetti  désinfecte ensuite chaque page puis les fait sécher avec soin.
Le livre, intitulé « poèmes », connaît un grand succès. Mais Rossetti est désormais la proie d'une mystérieuse langueur de l'âme ;La morbidité de l'acte et cette beauté ultime  l'enfonce dans la tristesse.Son tableau Beata Beatrix ,est son oeuvre d'amour à celle qui fut sa muse,son obsession,et qu'il ne parvint jamais à oublier vraiment.Et commence à souffrir d'insomnies.Drogué et alcoolique,il se dit qu'il deviendra vite aveugle.Et Dante finira sa vie hanté par une femme aux cheveux roux dont il a fait ouvrir le cercueil une nuit.Hanté par les fantômes ,comme certains le sont par les corbeaux.

 



 

Quant à  l'œuvre picturale d' Elizabeth Siddal, une partie fit l'objet d'un don au musée Tate Britain de Londres en 1984, et une rétrospective organisée en 1991 acheva de remettre en pleine lumière le talent de celle qui ne fut pas seulement l'une des fées du Préraphaélisme, mais aussi l'une de ses artistes…

 

Ses peintures...

 

 

 

Autoportrait...

 


02/02/2007
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