Tu dors sous le coeur de la terre,
De toi faudrait il que je me sépare à nouveau, une seconde fois.
J'ai trouvé le silence et jamais le repos
Et je te ressucite du ventre du tombeau.
Es tu partie plaintive et gémissante
Dans les ténèbres, ensevelir ta beauté languissante.
Dans cette nuit funeste,
Tes yeux noyés de larmes
Etaient ils lassé de s'ouvrir?
Et moi, je prolonge à jamais le dernier de tes jours.
Tes jours se sont éteints dans la nuit eternelle;
As tu trouvé sentier dans cette fosse obscure?
Ta robe d'hyménée comme un dernier linceul.
C'est mon coeur qui te sert de tombeau.
Tes yeux, tes eux si doux sont fermés pour toujours
Et personne n'y a vu la detresse de tes jours
Les noyer dans cette nuit obscure
Lassée de les ouvrir à la lumière blafarde;
Tes mots se sont tus à jamais sur ta bouche mourrante.
Parfum dans l'ombre ensevelie,
Tout est muet depuis sans jours sans fin
Toi, dont j'essaye d'entendre le murmure incertain
Dans ce vent qui jamais ne te ranimera.
Le temps entasse mes jours.
As tu hésité un instant, avant de te perdre
Dans la brise légère où flotte ta présence
Dans la senteur des bois suivant ta marche errante,
Dans les nuages blancs, étincelant de lumière
Mais jamais sous la terre où nul coeur ne bat
Et le chant des oiseaux, c'est entendre le ciel
Et n'y monter jamais.
Le vent est ton soupir.
Ce jour de décembre, j'ai juste envie de lire ces mots de William H. Auden, poète anglais...une façon de comprendre comment tout à coup le temps s'arrête et cesse d'être juste ce qu'il devrait...un passager d'accompagnement.
Arrêtez la pendule
Coupez le téléphone
Empêchez le chien d'aboyer
Pour l'os que je lui donne
Faites taire les pianos
Et sans roulement de tambour
Sortir le cercueil avant la fin du jour
Que les avions qui hurlent au dehors
Dessinent dans le ciel ces trois mots :
"Il est mort"
Nouez un voile noir aux colonnes des édifices
Gantez de noir les mains des agents de police
Il était mon nord, mon sud,
Mon est et mon ouest
Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson
Je croyais que l'amour jamais ne finirait
J'avais tort
Que les étoiles se retirent, qu'on les balaye
Démontez la lune et le soleil
Videz les océans, arrachez la forêt
Car rien de bon ne peut advenir désormais.
W.H. Auden
les poésies aquatiques ont été écrites par Thierry
sur mes photos
Merci à toi
Rempart immaculé à son corps défendu
Dans la blanche clarté qui lui tient lieu de grâce
Vestige déchiré sur le corail nu
Gisait, silencieuse, la blanche carapace
Vestige d'innocence des illusions perdues
Que cherchais tu ici, sinon perdre ton âme
Lambeaux de soie sauvage flottant à la dérive
Petite mort impure, dans ce vert paysage
L'alliance des couleurs, dans le matin léger
T'enveloppe du rire de l'eau t'éclaboussant
Et dans la transparence de ton voile mouillé
Te dessine, impudique, et devient ton amant
Repose, ho éternelle, virginale blancheur
Echouée sur le large, valse au rythme du vent
Toi robe de marée, à l'intime candeur
Au détour des vagues, sur une grève fine
S'abandonnant lascive au soleil de mai
Le corps caressé par ses rayons intimes
Une algue reposait
De ses bras multitude, naissaient d'étrange branches
Appelant de leur chant, la saveur de l'eau
Reflétant malicieuse sa belle nonchalance
Elles se pâment éphémères au fil du ruisseau
Narcissique vertu, où elles tombent, piégées
Succombant sous le charme de leur bel ornement
Elles glissent, mélancoliques, le corps écartelé
Vers les gouffres acides, leur outrage du temps
Lui sommes nous semblables, dans nos chairs habillées
Mortels contemplant notre belle jeunesse
Illusoire reflet de notre vie passée
Cherchant dans cet écho à tuer nos sécheresses
Toi nature terrible, toi compagne du temps
Donne moi cette chance que de me voir encore
Eblouis mon visage de mes rires d'enfants
Avant que disparaissent la lueur de l'aurore
Algue longue étendue dans la fente marine
Quand la mer de ses bras protège ton intime
Tu dessines, légère, d'arabesques figure
Epousant chaque roche de ta frange parure
Nature vierge éblouie par la douce chaleur
Eclaboussée de vie, maculée de couleur
Dans l'infinie clarté que dévoilent tes lueurs
Brille l'écume mourante, prisonnière en ton cœur
Microterre, comme d'ici, tu parais si petite
Prolifique naissance d'un monde d'infinis
Quand lorsque d'aventure le regard s'y plonge
M'absorbe toute entière et me plonge dans les songes
De tes verts d'émeraude à tes sombres nuances
Quand le brun se marie aux rouges les plus tendres
Echos de bleu cobalt pareil au ciel immense
Dont les nuages lents caressent tes méandres
Comme j'aim'rais un instant n'être rien que petit
Et fondre dans ta chair, me perdre dans ton lit
Connaître la lumière, celle du creux de la terre
Et n'être plus qu'une algue, marine solitaire
Merveille inattendue que la mer découvre
Quand la marée retire son manteau au détour
De quelques équinoxe que la lune accomplit
Complice créatrice de l'éphémère vie.
N'est-il pas plus beau ciel que celui qui est tien
Plus parfaite harmonie que celle de tes couleurs
L'azur même est jaloux de tes bleus, et d'ailleurs
N'est-il pas vrai qu'il pleure parfois sur ton chemin
Insensée planisphère, continent de mystère
Tu m'aspires à te prendre, à conquérir ton antre
Etourdi voyageur qui eut l'audace folle
De poser ton regard sur l'éclat de ton ventre
Invite moi encore de tes rouges vermeils
Dans le blanc de tes yeux, regarde moi encore
Guide moi au lointain, moi qui serais poussière
A te rejoindre enfin au bout de mon chemin
Forêt nue océane, aux lierres paradis
Etreins moi dans tes bras, couche moi dans ton lit
Accueille mon corps las de cette terre impie
Dans cet originel, source infinie de vie
Quand tu viens poser sur mon âme un instant
Tes mots vibrants, choisis à bout portant
Quand sous tes paupières de velours
Tes feux folets me narguent sans détour
Quand ton regard vient percer mes murailles
Et se déposent en étincelles dans mes entrailles
Quand tes lèvres en chemin de caresses
Ouvrent et tracent mon sillon de tendresse
Quand ta douceur apaise mes retenues
Laissant mon intime à tes mains nues
Quand tu détournes, habile et patient mes méfiances
Apprivoisant,sensible, l'horizon de mes resistances
Quand tu accueilles les frémissement de mes désirs
Et m'emmènes avec toi au pays des plaisirs
|
gestes sanglots
mots de désordre...
Chaque instant à peine brulé
dégringole dans des gouffres d'oubli.
Flotter à sa propre dérive
au son régulier de la mélodie du sablier.
Dépouille gisante d'illusions d'absolu
rivière sans rives aux flots trompeurs
brèche ouverte
fissures de soi.
Et cette phrase...
"là, c'était juste avant"
et cette autre..
"partir la première pour anticiper l'abandon"
Pas de retour en arrière
Qui arrachera les aiguilles des horloges
et les jettera aux loups
pour qu'il dévorent le temps?
Toujours...
Trop
Jamais...
Assez
Assez
|
|
|
|
D'agonisants grincements agitent ma mémoire
Ombres d'un passé qui n'ont plus de visage
Et reviennent rouillées, geindre de desespoire
Crissement grelotants aux ténébres passages
Hôtes inanimées de mon âme poussièreuse
Plaintves silhouettes caressant la souffrance
Divaguent et déambulent en errance douloureuse
Se cognant aux frontières de ma sombres présence.
Spectres funèbres hurlant de repentance
Un long vacarame de remords obscurs
Mots grimaçant dans la dépouille de la conscience
crachent leurs cris dans dans mes heures déchirures
Que puis t'offrir d'autre que l'amour sans retour?
Ne prends pas mon chemin, laisse à present mes pas
Toi qui dort au tombeau, abandonne mon parcours
Toi paisible, moi vivante, toi présente, Quitte moi |
|
|
|
Blanche vêtue, elle a fillé sur les chemins de neige
Pas crissant sous le regard de la lune opaline
Elle a posé l'empreinte, indélébile sacrilège
De ces traces à jamais gravées de nuit divine.
Et rien, ni le printemps, ni l'été rougeoyant
N'a pu combler la gerçure gélée
De sa marche légère, éternisée d'instants
Cicatrice creusée, plaie ouverte à ses pieds.
Epuisée de se battre dans l'inerte éphémère
Et d'implorer les Dieux du pardon de l'offense
Suppliant d'apaiser le lourd secret calvaire
Elle se fit offrande à la Toute Puissance
Et sous la capeline, enveloppant son trépas
Linceul immaculé d'éternel silence
Elle me recouvre encore de flocons noir de cendre
Et pour la retrouver, j'attends l'heure du glas. |