Aquanamorphosej'aurais vouluj'aurais voulu que la terre s'arrête pour descendreJ’aimais à sept ans les jupes amples que je faisais tournoyer ; je pivotais alors comme une toupie sur moi-même, et l’étoffe de couleur voltigeait et gonflait comme une toile de parachute. Imaginant que ce bout de tissus, serré à ma taille, aurait eu le pouvoir de m’envoler vers un ailleurs mystérieux, je tourbillonnais plus encore, les bras tendus, comme les pales d’un moulin brassant des poussières de rêves. Je tournais ainsi jusqu’au vertige, puis soudain, je m’arrêtais ; immobile alors, tout à l’entour se mettait à danser, m’encerclant d’un autre décor, d’un univers chaotique, aux formes chancelantes, aux couleurs brouillées, au réel vacillant de flots trompeurs… Toujours un peu déçue de constater que chaque élément finissait par reprendre sa place dans une déconcertante stabilité. J’aimais à ce même âge, grimper en haut de la plus haute colline, m’étendre dans l’herbe fraîche, transversale à la pente, respirer profondément pour m’étourdir d’une bolée d’oxygène, et soudainement, me laisser dégringoler en roulis boulis , dévalant le versant du pâturage ; les yeux grands ouverts, le visage tour à tour, épousant le sol terre, puis plongeant dans le ciel azuré, j’avais la sensation d’une ivresse vertigineuse où la matière se dissolvait, où les secondes de tourbillons perdus semblaient se diviser à l’infini avant de reprendre ou d’en perdre le souffle. Quand la chute finissait, je restais étendu sur le sol, plantant mes yeux dans l’immensité du ciel blanc solaire , savourant ces secondes d’irréel et d’ailleurs un peu flou, ces temps de fuite et de vertige, de suspension entre deux étendues…retoucheur de réel, retrancheur d’irréel…. Aujourd’hui, cette chanson de Birkin rôde dans mes pensée : « j’aurais voulu que la terre s’arrête pour descendre »… Article ajouté le 2006-08-27 , consulté 119 fois Commentairesmoi92001 le 27/08/2006 à 23:32:18quel age avais je lorsque pour la premiere fois le ciel aspira tout mon corps,,,, j'avais 7 ans, negligeant de rentrer, comme a mon habitude, allongé dans le pré de ma la maison d'eté, je revais. Des etoiles aux reflets de diamants attiraient mon regard, et d'un geste naif, tendant les bras au ciel, je caressai leur formes. Douces, empreintes de lumiere aux reflets audacieux, elles m'invitaient complices a les prendre avec moi. Refermant d'un seul geste , ma main encore tendue, j'en pris une poignée, la plongea dans ma poche, prenant soin de ne pas les laisser s'echapper. Seul, dans l'herbe coupée, foulant le sol frais de mes pieds dechaussés, je comptemplais le ciel; jeune voleur d'etoile, je filai dans ma chambre. Par la fenetre ouverte, que j'avais entrebaillée,je penetrai , sans bruit et regagnai mon lit, lentement m'allongeai, le silence se fit. Au dehors , seuls quelques insectes rythmaient de leurs chants ecclectiques la moiteur de la nuit. Fermant les yeux, je les voyaient danser, festoyer en habits de couleurs, celebrant malicieux le retour de l'eté. M'assayant , je plongais une main dans ma poche, puis en la retirant avec milles prudence, je tendis mon bras nu , aux reflets de la lune . Au creux meme de mes doigts, une lumiere filtrait, rayonnait, feu de joie, d'artifice,aux couleurs irreelles et dansantes, creant sur les murs blancs d'infinis mouvements . Emerveillé , ravi, doucement j'entrepris de defaire mon etreinte, liberant les etoiles de leur geoles captives. En spirales bleutées, revelant tour a tour des melanges orangés, matinés de vermeille et d'or satinés. s'elevant dans l'espace, effleurant chaques murs, elles dansaient , furretaient indolantes effleurant le plafond,pour fondre lentement vers le sol , ettourdis. Puis s'envlolaient encore, repetant , et sans cesse leur voyage dans la nuit. Je les vis longuement , bien des nuits d'à ce jour , voguantes, habiller tous mes reves d'une tendre insoucience. Au matin m'eveillant , par la fenetre ouverte, une poussiere d'or recouvrait les volets. une trace qui montait , par dela meme le ciel, et regagnait l'espace. Depuis lors les etoiles, sont communes a mes nuits, et c'est dans le matin, qu'elle laisse encore leur trace pour habiller mes jours... LiensVoir les articles de la catégorie " Textes et Etat d'âme "Retour aux articles |